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Pourquoi méditer ? J’ai rencontré Christophe André !

Jeudi 22 Novembre dernier, j’ai eu la chance de suivre la conférence de Christophe André à la bourse du travail et c’était très enrichissant et même amusant ! J’ai pris tout plein de notes parce que je ne pouvais pas garder ça pour moi, bien trop précieux!

J’aimerais partager avec vous ce que j’ai retenu avec mon œil à moi, ce n’est sûrement pas exhaustif bien sûr !

 

Méditation définition

En Occident, on a souvent donné sens à la méditation comme étant une réflexion approfondie, un moment où l’on réfléchit les yeux fermés (plusieurs philosophes la pratiquaient ainsi).

En Orient, et c’est cette définition qu’on propose de suivre, on la considère comme étant une présence attentive au monde qui implique un meilleur discernement et même un apaisement. Il s’agit d’observer l’esprit et le corps réagir.

Aujourd’hui, nous vivons des carences parce que nos modes de vie nous demandent beaucoup d’attentions, en particulier devant nos écrans qui nous sur-sollicitent. Nous manquons de calme parce que nous sommes constamment sollicités d’un point de vue visuel et auditif. Nous manquons de lenteur parce qu’il faut sans cesse courir pour être à l’heure, faire plusieurs choses à la fois. Nous manquons de continuité parce que nous sommes interrompus dans nos actions par un email urgent auquel on doit répondre ou bien par une notification qu’il nous démange de faire disparaître.

La méditation, c’est une façon de redonner les bons nutriments à notre cerveau en lui accordant une pause.

Et puis notre cerveau a la capacité de se transformer, c’est ce qu’on appelle la neuroplasticité, alors pourquoi pas essayer ?

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Cela a été plus d’une fois démontré, le cerveau d’un méditant fonctionne différemment que celui d’un non-méditant, mais comment ? En réalité, il sélectionne l’activité de certaines zones cérébrales.  Concrètement, il active un ensemble de zones sensibles au bien-être (qui deviennent plus développées et fonctionnelles) et il désactive certaines zones responsables des émotions négatives puisqu’on peut mesurer qu’elles consomment moins d’oxygène. Chouette non ?

 

Méditation préjugés

  • Préjugé 1 : on pense qu’en méditant on va faire le vide dans sa tête

Mais on s’aperçoit vite que c’est impossible car nous découvrons le bavardage de l’esprit ! C’est la fonction première de notre cerveau de produire des pensées et il n’est pas question de l’arrêter ! Nos pensées sont là, il s’agit de le noter, de décider de ne pas les alimenter pour prendre du recul. C’est différent de réfléchir, puisque réfléchir c’est créer des pensées, on choisit de développer une idée.

  • Préjugé 2 : méditer, c’est se couper du monde

Un méditant n’est jamais aussi attentif que lorsqu’il médite puisqu’il est en pleine focalisation/défocalisation sur ce qui se produit dans son corps et avec son souffle. Il est en pleine observation justement, il est loin d’être passif ! Il ne lévite pas !

  • Préjugé 3 : méditer, c’est devenir zen

Lorsqu’on médite, on ne cherche pas à se relaxer. On observe sa douleur, on devient clairvoyant, présent. La relaxation peut venir d’elle-même. On devient alors plus lucide sur notre façon de réagir face aux évènements de la vie. On ne supprime pas nos oscillations émotionnelles mais elles sont mieux régulées.

 

Méditation de pleine conscience

C’est susciter un état particulier de l’esprit : retirer de la distraction pour observer ce que nous vivons à ce moment.

Encore une fois, il n’y a pas d’objectif particulier et c’est peut-être ce qui est difficile au départ, lâcher la volonté d’agir pour obtenir en retour. On regarde ce qui se passe du mieux possible, sans se juger.

On parle de méditer sans attente, sans jugement et sans choix, c’est-à-dire qu’on se focalise sur tout ce qui arrive, ce qui est agréable comme désagréable.

« Est-ce que je suis capable de supporter la douleur en ce moment », on répond et on le note. Cela permet de mieux se connaître dans le sens où on apprend à définir ses propres limites.

SANS ATTENTE = pas de résultat attendu

SANS JUGEMENT = ni bien, ni mal

SANS CHOIX = je prends tout ce qui est là

La méditation, ce n’est pas NE PLUS AGIR mais d’abord comprendre ce qui est en moi pour ENSUITE AGIR. Elle nous permet de prendre conscience de ce qui motive nos choix et peut-être de désamorcer un geste ou une parole que nous pourrions regretter parce que sortie trop vite.

 

Commencer la méditation

La méditation c’est un ensemble de technique bouddhistes qui ont été laïcisées, simplifiées et validées par la science. Des études prouvent qu’elle nous rend plus efficace, concentré, performant et résistant au stress. Elle s’assimile vite, il suffit de 3 mois pour apprendre/intégrer et ensuite on peut progresser.

La bonne attitude pour commencer, c’est de ne rien en attendre ! Moins l’on poursuit de résultat immédiat, mieux c’est. Il faut n’attendre rien pour voir.

C’est similaire au sommeil qui émerge lorsque plusieurs facteurs sont réunis ; peu de luminosité et chaleur suffisante, peu de bruit, d’écran, et éviter de focaliser sur ses pensées mais plutôt sur son corps, sa respiration.

Si l’on surveille le résultat, on ne lâche pas prise donc on ne parvient pas à un résultat.

 

5 bonnes raisons de méditer selon Christophe André

  • Comprendre ses souffrances
  • Diminuer le stress
  • Vivre de meilleurs liens
  • Augmenter sa concentration
  • Atténuer le bavardage de l’esprit

 

Mécanismes et bénéfices de la méditation

  • Entraînement attentionnel

Comme nous sommes tous très stimulés, malheureusement, nous ne savons plus garder notre attention sur ce que nous faisons.

 

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Notre esprit est ailleurs que face à ce que l’on est.

 

Il existe différentes situations lors desquelles on peut se sentir détendus : lorsqu’on regarde la mer, lorsqu’on regarde un paysage qui défile à la fenêtre d’un train ou lorsqu’on est face à un feu de cheminée. C’est ce qu’on appelle des cibles mouvantes.

Mais comme nous n’avons pas toujours la chance de les avoir accessibles, Christophe André nous propose de regarder la seule cible mouvante qui nous soit accessible partout et à tout moment : notre respiration. En l’observant, elle stabilise notre attention et apaise nos émotions.

Bien sûr il est difficile et notamment au début, d’y rester ; on pense au mail qu’on a oublié d’envoyer, à sa liste de courses, à la remarque qu’on nous a faite ce matin, etc…mais quand on s’en aperçoit qu’on est sorti de l’exercice, il se passe une chose importante. C’est précisément à ce moment que l’on muscle notre attention. Et méditer c’est cela, rien d’autre que ramener avec beaucoup de douceur son attention sur sa respiration, en constatant que nous avions été emportés par une pensée, sans le juger.

A nous de prendre conscience que notre esprit vagabonde pour le ramener doucement.

  • Prendre du recul sur ses ruminations

La méditation permet aux dépressifs de se focaliser sur les pensées positives. Il n’est pas utile de focaliser sur ses difficultés car on tourne en rond, on n’est pas plus claire, on n’a pas plus de solution, on n’est pas soulagé, on augmente même sa souffrance.

L’exercice de la pleine conscience, c’est lâcher les pensées qui nous font souffrir pour rouvrir l’attention sur autre chose. On ne peut pas supprimer les pensées angoissantes, l’inquiétude, la colère, la tristesse facilement. Notre travail, c’est d’amener à l’esprit d’autres phénomènes sur lesquels se concentrer par exemple de prendre conscience de sa respiration, des sons autour de soi ou de son corps. Rapetisser la place libre aux mauvaises pensées en ouvrant la place à d’autres.

Je propose cette métaphore : prenez un grand sac rempli de balles rouges, elles représentent les idées négatives, les tourments que nous avons dans la tête. Et maintenant, plutôt que de vouloir vous vider l’esprit en retirant les mauvaises balles de votre tête, imaginez que vous remplissez votre sac de belles balles bleues, qui représentent des idées positives ou rassurantes. Continuez de remplir votre sac de balles bleues en poussant les balles rouges hors du sac jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. Vous vous sentez comment ?

C’est selon moi ainsi que votre attention peut lâchez ses idées noires pour n’apprendre à se focaliser que sur les idées les plus positives. A vous maintenant de bien choisir comment remplir votre sac!

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  • Prendre du recul sur ses pensées

 

J’aime beaucoup la phrase de C. andré « La méditation est à l’esprit, ce que le sport est au corps ».

Il s’agit de bien s’entraîner ; méditer quand tout va bien pour avoir ses bienfaits quand ça ne va plus.

 

La méditation vient modifier l’impact psychologique de la douleur. Effectivement, si la douleur est une peine, la souffrance qu’on lui associe est une double-peine. La méditation aide à supporter les maladies psychotiques parce qu’elle développe notre capacité à prendre du recul, nous ne sommes plus aimantés par la douleur psychique ou non psychique.

La souffrance a la capacité de réduire notre champ attentionnel, nous passons donc à côté de tout le positif qui peut avoir lieu autour de nous. En désengageant notre attention de la souffrance, nous défocalisons.

Un exercice méditatif est très efficace dans ce cas. Plutôt que pratiquer un exercice d’attention soutenue qui muscle la concentration à travers l’attention que l’on porte à son souffle, il existe un exercice d’attention ouverte. Le principe est de focaliser sur son souffle puis d’ouvrir l’attention sur son corps, puis sur les sons environnants. On cultive nos deux capacités à focaliser puis défocaliser.

« Il ne s’agit pas de ne plus souffrir mais de mieux souffrir »

Quand je souffre, je ne laisse pas la souffrance avoir de l’emprise sur tout ce que je fais et ce que je suis.

 

Face à une difficulté, C. André nous propose de prendre 3 minutes pour créer un espace de respiration :

*1 minute pour prendre conscience de ce qui m’arrive

*1 minute pour focaliser mon attention sur ma respiration

*1 minute pour revenir doucement au problème, en rythme avec la respiration

Je réponds alors à la situation sans automatisme soudain, sans réaction impulsive, je suis plus souple, plus adaptable, plus flexible.

 

Impact de la méditation sur la santé

La méditation nous aide à réguler nos émotions parce qu’elle développe notre intelligence émotionnelle : nous apprenons à identifier nos émotions. C’est ce qui fait le lien entre l’extérieur et l’intérieur de nous-mêmes.

Notre cerveau démarre de la même façon chez n’importe quel individu face à une émotion, mais chez les méditants, il n’y a pas la même phase d’embrasement, elle est plus douce. Et ce n’est pas un don, c’est seulement de l’entraînement. L’impulsivité, cad notre capacité à réagir de façon inconsciente est moindre grâce à une sorte d’autocontrôle.

On pense alors que la méditation a un impact physique, biologique et cellulaire. Elle permet à la fois d’abaisser les variables inflammatoires (protéines C réactives) et d’augmenter la réponse immunitaire (comme le fait le sport).

C’est ce qu’on appelle la neuropsycho-immunologie.

La méditation permet d’agir directement sur les télomères (capuchons qui protègent le bout des chromosomes) dont la longueur diminue avec le vieillissement et particulièrement le stress. Des études ont prouvé que la méditation améliore la production de télomèraze, l’enzyme qui répare les télomères. La méditation a donc un rôle essentiel à jouer dans la protection contre l’anxiété et la dépression.

=> Je suis particulièrement touchée par cette conférence qu’a donnée Christophe André. Depuis que je médite, je me sens plus lucide et je comprends d’où vient ma douleur. Mon livre « J’ai vaincu ma bipolarité » en est la preuve puisque j’ai commencé à écrire 6 mois après le début de ma pratique méditative. (J’ai d’ailleurs eu l’occasion de lui en donner un exemplaire qu’il a accueilli avec chaleur !) 🙂

Je conclue sur ses conseils avisés :

– Méditer le matin (10 à 30 min)

– S’offrir des parenthèses de pleine conscience (regarder le ciel, remarquer un papillon, observer la nature etc…)

– Faire ses activités en pleine conscience (marcher, la vaisselle, se brosser les dents etc…)

 

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Notez qu’il n’y a pas vraiment de situation où l’on attend !

Dans une file d’attente, ne sortez pas votre téléphone, dites-vous plutôt « chic, je vais pouvoir en profiter ! » et sentez comme vous êtes vivant !

Bonne pratique à tous !

 

 

A ce Propos

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2 commentaires sur “Pourquoi méditer ? J’ai rencontré Christophe André !”

  1. Merci pour ce bel article qui aide à prendre conscience de l’importance du nettoyage de l’esprit 🙂 et qui me donne terriblement envie d’apprendre à méditer efficacement !

    1. Merci Elodie pour ton retour! Tu sais, plus que de s’apprendre, je crois que méditer ça se découvre, ça s’essaye et puis ça s’installe quand on s’y met un peu tous les jours 😉 ensuite ses vertus font qu’on s’y attache ^^ Belle journée et à bientôt!

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