Suis-je bipolaire?

Tu te poses parfois la question parce qu’il t’arrive de vivre des émotions fortes alors que ton quotidien ne change pas :

« Je pique des colères inexplicables, et parfois je me sens complètement vidée »

« Je suis en pleine forme, je suis imbattable et je ne ressens plus la fatigue »

« Je me suis toujours sentie différente des autres »

Comment diagnostiquer un trouble bipolaire ?

Il devient souvent légitime de faire un test face à de telles situations. Même si les tests que l’on peut trouver un peu partout ne peuvent donner un verdict précis et certain (seul un psychiatre en a la compétence et cela peut prendre plusieurs années), ils permettent au moins de te donner une piste, des indices qui t’aideront à peut-être franchir le pas d’aller consulter.

Les troubles bipolaires sont difficiles à diagnostiquer particulièrement au début. Seulement 20 % des patients bipolaires qui présentent un épisode de dépression reçoivent le bon diagnostic dans l’année qui suit la première consultation. La moyenne entre le début de la maladie et le diagnostic est de 5 à 10 ans.

Il existe plusieurs types de troubles bipolaires

Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur qui est caractérisé par des épisodes de dépression (caractérisés par la tristesse, perte d’intérêts, fatigue) alternant avec des épisodes de manie (caractérisés par une élévation anormale de l’humeur associée à une augmentation du niveau d’énergie et d’activité) ou d’hypomanie (dont les symptômes sont moins sévères et prolongés que la manie).

  • Le trouble bipolaire de type I est caractérisé par l’alternance entre des épisodes de manie et de dépression majeure. Pour poser un diagnostic de trouble bipolaire de type I, un seul épisode maniaque (ou plus) est nécessaire. Par contre, la vaste majorité des patients traversent un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs au cours de l’évolution de la maladie. Les épisodes hypomaniaques sont également fréquents chez les patients souffrant d’un trouble bipolaire de type I, mais ils ne sont pas requis pour poser le diagnostic. La présence d’un épisode maniaque induit par un traitement antidépresseur (par exemple : médication ou sismothérapie) qui perdure au-delà de l’effet attendu pour ce traitement est maintenant reconnue comme une évidence suffisante pour poser un diagnostic de trouble bipolaire de type I.
  • Le trouble bipolaire de type II est caractérisé par des épisodes d’hypomanie et de dépression majeure. Pour poser un diagnostic de trouble bipolaire de type II, un seul épisode hypomaniaque (ou plus) est nécessaire, accompagné(s) d’un ou plusieurs épisodes dépressifs majeurs.
  • Le trouble bipolaire I ou II peut être à cycle rapide s’il y a 4 épisodes ou plus en un an.
  • Dans le trouble cyclothymique, on note des épisodes avec des symptômes d’hypomanie et d’autres avec des symptômes dépressifs qui ne remplissent pas toutefois les critères d’un épisode de dépression majeure ou d’hypomanie. Les symptômes thymiques sont présents plus de la moitié du temps pendant deux ans.
  • Le trouble bipolaire autre spécifié (symptômes dépressifs et d’hypomanie qui ne remplissent pas les critères diagnostics des troubles précédents à cause de la durée ou du nombre de critères rencontrés à chaque épisode, épisodes d’hypomanie sans épisodes de dépression majeure, épisode de manie chez un individu avec un diagnostic de trouble psychotique, symptômes d’hypomanie et de dépression de trop courte durée pour poser un diagnostic de trouble cyclothymique).
  • Le trouble bipolaire induit par une autre condition médicale (p. ex. hyperthyroïdie, sclérose en plaques) ou par un médicament/substance (p. ex. cocaïne, amphétamine ou autre stimulant, PCP ou autre hallucinogène, alcool, sédatif, hypnotique ou anxiolytique, L-Dopa et corticostéroïdes).

 

Au-delà des traitements, comment modifier ses habitudes peut aider à affronter la maladie

  • Cesse ta consommation de stimulants tels le café, le thé, le chocolat ou les boissons gazeuses caféinées si tu es agité, anxieuse ou souffre d’insomnie.
  • Cesse ta consommation d’alcool car il est reconnu que même la consommation modérée d’alcool contribue à la persistance des états dépressifs. Il peut également contribuer à la désinhibition, l’anxiété et l’insomnie.
  • Abstiens-toi de consommer des drogues qui induisent une instabilité de l’humeur
  • Dors 7 heures par nuit
  • Mange 3 repas équilibrés par jour
  • Expose-toi à la lumière
  • Elargis ton réseau de soutien
  • Développe une vie spirituelle ; la méditation diminue le risque de rechute dans la dépression. Elle t’incite à t’attarder au moment présent, à éviter de ruminer et à lâcher prise.

Il est recommandé de faire de l’exercice et de sortir de chez soi lorsqu’on est déprimé mais il faut s’avoir s’arrêter et se mettre au repos lorsqu’on est en hypomanie.

Le yoga et la méditation sont particulièrement indiqués puisqu’ils peuvent convenir pour les deux phases.

 

Que faire en cas d’insomnie répétée ?

  • Réduit les stimulants comme les écrans, la musique ou le son trop élevé, évite les discussions importantes 2h avant de te coucher (les disputes aussi ^^)
  • Baisse la température de ta chambre
  • Fais de l’exercice le jour, si tu manques de motivation, sors au moins marcher 15 minutes
  • Limite les siestes le jour qui peuvent empiéter sur tes besoins de sommeil nocturne
  • Met ton réveil tous les jours à la même heure et couche toi autant que possible à la même heure (la semaine par exemple)
  • Ne te mets pas au lit avant d’être somnolent. Si au bout de 15 minutes où tu cherches ton sommeil, tu n’y parviens pas, sort du lit et lis quelque chose d’ennuyeux. Retourne ensuite te coucher jusqu’à ce que tu t’endormes en répétant la procédure si nécessaire. Il existe des compléments alimentaires 100% naturels et accessibles en pharmacie qui peuvent t’aider à basculer dans l’état somnolent recherché. Ce qui fonctionne très bien pour moi ; les tisanes spéciales sommeil que je bois en fin de journée ! (Attention à ne pas en boire juste avant le coucher sinon tu devras te relever pour aller aux toilettes !)

N’oublie pas que le manque de sommeil est un facteur aggravant des troubles de l’humeur. Il est parfois indiqué d’utiliser des médicaments hypnotiques pendant les épisodes qui pourront généralement être diminués graduellement et cessés quand l’épisode est résorbé.

Pourquoi suis-je bipolaire ?

Il n’y a pas vraiment de réponse à la question, c’est un ensemble de choses. Notamment une instabilité de l’humeur et une sensibilité importante aux événements stressants. Le perfectionnisme et le besoin d’approbation se retrouvent souvent chez les bipolaires. Nous avons tendance à penser que notre valeur personnelle dépend des autres : les chances de rechute en cas de conflit interpersonnel ou de rupture sont plus élevées. Nous pouvons aussi penser que notre valeur personnelle dépend de ce que l’on accomplit : suite à un épisode dépressif, essayer de « rattraper le temps perdu » et se mettre à travailler fort dès qu’on a un peu d’énergie, diminuer les heures de sommeil, négliger les loisirs peut mener à une nouvelle crise maniaque. Les thérapies cognitivo-comportementales peuvent aider à travailler sur la valeur personnelle, en nous aidant à comprendre qu’elle n’a pas de lien avec ce que peuvent juger les autres de nous-mêmes ou de notre travail. C’est un travail de confiance en soi, pour ma part, le coaching m’a beaucoup aidée sur ce point précis.

Comment les thérapies cognitivo-comportementales aident les bipolaires ?

La psychothérapie cognitive est une forme de psychothérapie qui vise à fournir aux patients des outils pour faire face aux émotions négatives et pour prévenir les rechutes de la maladie.

Il s’agit de reconnaître les relations entre les pensées, les émotions, les sensations corporelles et les comportements:

Identifier les pensées associées aux réactions problématiques

Les réévaluer afin d’explorer des points de vue alternatifs

Moduler les changements d’humeur

 

C’est mettre en place des stratégies comportementales pour gérer les fluctuations d’humeur (planifier des activités plaisantes/valorisantes ou des tâches graduées lors des épisodes dépressifs et proposer de réduire son rythme, de calmer sa respiration lors des épisodes hypomaniaques).

Cette thérapie ponctuelle se centre sur la résolution des problèmes actuels. Au fur et à mesure que progresse la psychothérapie, le psychologue et le patient se concentrent ensuite sur certaines des « règles de vie » ou « croyances fondamentales » du patient dans le but de produire des changements à plus long terme.

 

Deux concepts majeurs

  • L’auto-observation

Identifier les signes qui annoncent les crises pour les prévenir. Il peut s’agir de fatigue, tristesse, désintérêt, négligence, perte d’appétit ou à l’inverse idées rapides, parle trop vite, irritable, hallucinations etc…toute pensée, émotion, comportement ou sensation corporelle un peu plus présente que d’habitudes. On peut alors comprendre par soi-même la phase qui se présente puis suivre les recommandations comportementales, cognitives et sociales qui nous ont été proposées.

  • Identifier et réévaluer les pensées automatiques et les croyances dysfonctionnelles

Apprendre à faire le lien entre les pensées négatives et la dépression, entre les pensées trop positives et la manie/l’hypomanie. La vision de soi, du monde et du futur trop négative dans la dépression et trop positive dans la manie ont un impact nos comportements et nos actions. Par exemple, on peut facilement sous-estimer le danger en phase maniaque VS percevoir une agression en phase dépressive. Il s’agit ici d’apprendre à détecter des pensées automatiques pour prendre de la distance avec elles.

Face à des croyances dysfonctionnelles, la thérapie cognitivo-comportementale aide également le patient à élaborer des croyances alternatives qu’il pourra mettre à l’épreuve via des expériences comportementales et conclure par lui-même qu’il peut s’en détacher.

TEST

Il existe de nombreux tests pour te faire une idée. Le questionnaire sur la maladie bipolaire accompagné du test sur la dépression et l’anxiété (test de Beck, PHQ-9) et l’hypomanie (Questionnaire d’Altman). Tu peux aussi te rendre sur ce lien : http://www.argos2001.fr/fr/trouble-bipolaire/association-bipolaire/uutes-vous-bipolaire.html

Sources : document de travail sur le DIAGNOSTIC ET LE TRAITEMENT DU TROUBLE BIPOLAIRE de Ngô, T. L., Provencher, M. D., Goulet, J., Chaloult, L. 2015

A ce Propos

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1 commentaire sur “Suis-je bipolaire?”

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